L’incidence des pollutions urbaines sur les productions alimentaires en ville

Etude, Bruxelles Environnement / Greenloop, 2013, 35 pages

Cette étude établit une synthèse de l’impact de la pollution urbaine sur la culture de fruits et légumes et en tire des recommandations pour la Région bruxelloise.

Objectifs

De plus en plus de Bruxellois sont désireux de cultiver un potager en ville et la Région soutient activement cette tendance dans le cadre de la stratégie Good Food. Mais avant d’encourager cet engouement, il était important d’analyser les impacts de la pollution urbaine sur la production de fruits et légumes, afin de pouvoir prendre les éventuelles dispositions nécessaires pour assurer une production de qualité.

Cette étude, commanditée par Bruxelles Environnement, vise à identifier et analyser :

  • la littérature et la position des experts sur les villes du Nord les plus en pointe en matière d’agriculture urbaine,
  • les impacts de la pollution sur les aliments produits dans un cadre urbain,
  • les recommandations à mettre en oeuvre pour diminuer les risques à Bruxelles.

Résumé

L’étude s’articule en trois parties.

La première partie pose le cadre de référence en explicitant :

  • les principaux polluants problématiques,
  • les types de pollutions à examiner,
  • les liens entre pollution et méthodes de culture,
  • les liens entre pollution et types de légumes.

La partie suivante aborde la gestion des pollutions en agriculture urbaine, en distinguant prévention et traitement. Sont également présentés les seuils de tolérance européens et les coûts de détection et de mesures.

La dernière partie compile les conclusions et recommandations de l’auteur (voir résultats ci-dessous).

L’étude est enrichie par une bibliographie et une série d’annexes.

 

 

 

Résultats

Les conclusions globales de l’étude nous disent ceci : « La pollution urbaine a bien des conséquences sur la qualité des légumes et fruits qui y sont cultivés, et donc sur la santé en l’absence de précautions. De l’avis des experts consultés, cette pollution est toutefois maîtrisable et à relativiser. »

Maîtrisable parce que le principal polluant en agriculture urbaine est le plomb. Or, sa présence dans l’air est en forte diminution depuis son interdiction dans les carburants et il peut être détecté et neutralisé ou nettoyé quand il se trouve dans les sols. Maîtrisable aussi, parce que les principaux autres polluants sont organiques et peuvent également être nettoyés ou se décomposent dans les sols avec le temps sous l’activité des microorganismes notamment.

Un facteur incite par ailleurs l’auteur à relativiser la question : le risque de contamination quotidienne des citoyens bruxellois est avant tout dû à l’inhalation de polluants et de poussières plutôt qu’à l’ingestion de fruits et légumes ;

Si l’étude tend à être positive et rassurante, elle soulève toutefois aussi des points d’attention :

  • certains métaux lourds sont encore peu étudiés (mercure, manganèse, etc.),
  • les résidus d’antibiotiques et d’autres médicaments présents dans l’eau peuvent également poser problème en agriculture urbaine,
  • certains contaminants ne sont pas recherchés lors des analyses,
  • les synergies entre contaminants sont encore mal connues,
  • les connaissances sur les taux de transfert des contaminants du sol à la plante sont encore lacunaires.

Sur la base de ces conclusions, l’auteur propose une série de recommandations :

  • à destination des maraîchers et jardiniers amateurs, par exemple le lavage systématique des productions,
  • à l’égard des pouvoirs publics sur les mesures collectives à prendre, telles que le développement des procédures d’analyse et de dépollution des sols, la mise en place de réglementations strictes sur l’utilisation des pesticides, etc.
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