Lors d'une action contre la politique agricole commune, la maître-maraîcher Emel Cimenci nous raconte son parcours. Après avoir vu la conférence de Jean-Marc Jancovici, « CO2 ou PIB, il faut choisir ! », Emel s'est sentie complètement bouleversée.
Cette expérience l'a éveillée aux enjeux et à l'urgence climatique que subit notre planète. Une fois surmonté le premier moment de panique, mais surtout après beaucoup de réflexion, Emel décide de se mettre à l'action. C'est ainsi qu'elle trouve des informations sur la formation pour devenir maître-maraîcher.

Quels sont les projets ou actions que tu as démarrés en tant que maître-maraîcher ?

Juste après la formation, j'ai commencé à réaliser des visites au site naturel du Scheutbos ainsi qu'au potager collectif où j'étais déjà active. C'est quelque chose qui dialogue très bien ensemble et qui permet aux gens de réaliser la richesse de la biodiversité qu'on peut trouver en ville.

On échange des histoires, des conseils, et pendant ces échanges, il y a quelque chose qui se réveille, quelque chose qu'on connaissait mais qu’on avait oublié. La ville est remplie de potagistes inattendus...

J'accompagne aussi une école dans la végétalisation de leur cour de récré dans le programme « Opération Re-création » qui vise à verduriser et ouvrir les cours de récré en donnant aux enfants un petit paradis vert.

Ensuite, je ramène ma grainothèque dans toutes les actions auxquelles je participe pour profiter du moment de rencontre et faire la diffusion du réseau en distribuant des plants et des graines.

Que t'a apporté la formation maître-maraîcher ?

La formation m'a apporté de la confiance... et je dirais une facilité de contact avec les gens, une facilité dans la communication avec les autres. J'aime beaucoup l'idée de pouvoir redonner ce que j'ai reçu et le rôle de MM tombe à pic dans ce sens.

J'ai suivi la formation pendant le confinement, et même si la dynamique de groupe n'a pas été la même que d'habitude, la relation et le travail avec les autres maîtres-maraîchers en formation donnaient un sentiment d'appartenance. Quand on est maître-maraîcher, on fait partie d'une communauté.

Auparavant je n'avais pas l'impression d'avoir la « main verte » et la formation m'a confortée dans mon idéal de retour à la nature. J'ai toujours beaucoup à apprendre mais je sais maintenant que ça fait partie du cycle de la vie et de la nature...

Comment est née l'idée de créer ta grainothèque ?

De manière très spontanée, j'avais besoin de passer à l'action. Ma grainothèque, c'est un acte politique. Je participe au mouvement citoyen Rise for Climate Belgium, et pendant les actions de pression politique auxquelles j’assistais, je ramenais souvent quelques graines à partager.

Si je peux donner envie aux gens que je rencontre de planter une tomate ou un plant de grenade, c'est déjà très bien ! C'est ma manière de poser un acte positif... semer une graine.

Devenir maître-maraîcher m'a servi de tremplin. Avant, j'étais déjà intéressée par l’agroécologie et l'agriculture paysanne. La formation a réveillé en moi un projet que je portais déjà... mais parfois, entre une idée et la réalité, il manque quelque chose comme un lien pour l'amener plus loin.

As-tu des projets pour le futur ?

Dans l'avenir, j'aimerais créer une ferme école qui véhiculerait un aspect pédagogique mais aussi thérapeutique, pour permettre aux enfants de mettre les mains dans la terre et de créer des liens avec la nature. Un endroit pour les personnes qui ont besoin de se ressourcer... une ferme périurbaine, liée avec son entourage.

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Français
Payant:nonGratuit:oui

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Date de dernière modification: 30/03/2022