Portrait des maîtres-maraîchers en action

Annick a suivi la formation des maîtres-maraîchers en 2018. Par la suite, elle voulait travailler le maraîchage en lien avec le social. C'est ainsi qu'elle s'est investie dans le projet d'Incroyables Comestibles qui démarrait à la place Saint-Job. Aujourd'hui, les bacs qui occupent les espaces autour de l'église en sont à leur deuxième saison !

Annick nous raconte: "C'était tout au début du projet et il y avait tout à faire. Les participants avaient énormément d'envies mais parfois pas toutes les connaissances nécessaires pour les mettre en place. Je me suis sentie vraiment utile dans le projet. Ça m'a permis d’expérimenter et de mettre en pratique mon expérience et ce que j’ai appris pendant ma formation maître-maraîcher." 

Est-ce que vous avez eu de l’aide ou une réticence de la commune ?

Les contacts avec la commune ont été très favorables. Il faut parfois avoir un peu de patience, car la question des autorisations peut être compliquée et c'est une démarche lente, mais on a senti une très grande ouverture par rapport au projet.

Comment sont organisés le travail et l'entretien des bacs ?

Les Incroyables Comestibles à Saint-Job sont formés de tout un réseau de partenaires qui collaborent au travail d'une manière ou l'autre. Le centre de la Croix-Rouge, qui accueille des réfugiés, et la maison des jeunes du quartier participent à l'entretien des bacs. Ça n'a pas l'air, mais c'est un fameux travail. On est aussi partenaires avec la ferme d'Uccle où on va chercher le fumier, et il y a aussi un compost de quartier qui nous donne de la matière pour les bacs. C'est ça qui est gai ! C'est un projet qui réunit toutes sortes de personnes et d'associations.

Au début du projet, on était très nombreux mais petit à petit s'est formé un groupe de personnes plus impliquées qui aidaient dans l’organisation du travail sur les bacs. Ce groupe se réunit chaque mois pour voir les travaux à réaliser, les projets à démarrer, pour organiser la rotation des légumes dans les bacs, etc.

Les voisins peuvent-ils venir se servir des légumes à tout moment ?

Nous avons mis en place un petit système pour aider les gens à se repérer. On a créé des codes couleurs pour indiquer les plantes qu'il faut laisser pousser et celles qui sont prêtes à la récolte.

Organisez-vous des moments de rencontre autour du potager ?

Oui ! Avec ce groupe de travail, nous nous réunissons chaque premier dimanche du mois pour faire les travaux d'entretien, et évidemment les voisins sont invités à y participer. On organise aussi des ateliers jardinage pendant le printemps, où tout le monde est le bienvenu à travailler dans le jardin de quartier. C'est un moment de partage très agréable. Comme je fais partie du Réseau des Jardins Semenciers, on organise aussi des échanges de graines et semences.

Comment décidez-vous quoi planter dans les bacs ?

En général, on se réunit pour discuter avant de commencer les semis. Cette année, on n'a pas eu l’opportunité de le faire, et du coup on n'a pas bien fait le choix pour certains bacs. C'est le cas avec les choux rouges, par exemple, qu'on a plantés dans l'un des bacs. Comme ils prennent beaucoup de place, tout ce qu'on avait planté autour n'a pas eu la chance de grandir. C'est un très beau légume mais pas le mieux adapté au partage ; il donnera un choux que quelqu'un prendra et puis voilà. On essaie de choisir des légumes comme le céleri à couper, dont plusieurs personnes pourraient se servir. Après, c'est une expérience d'apprentissage aussi.

Les maîtres-maraîchers sont toujours prêts à partager leur expérience et leur conseils avec tous les Bruxellois. Ici, Annick partage sa recette de décoction d’ail pour traiter les légumes atteints de pucerons :

Laissez macérer 7 gousses d'ail dans un litre d'eau de pluie pendant 24h. Ensuite, bouillir la préparation 25 min et laisser infuser 30 min. Pour finir, filtrez la préparation et aspergez directement sur les feuilles atteintes de pucerons.

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