Contexte

Les stratégies Good Food 2 (SGF2) et Shifting Economy ont pour ambition de développer l’approvisionnement de Bruxelles en produits Good Food, et ce en stimulant et en structurant l’offre (belge) et la demande (bruxelloise) pour ces produits.

Dans ce cadre, une étude a été réalisée par Groupe One afin de quantifier l’approvisionnement en produits bio et locaux belges pour 4 filières prioritaires (fruits, légumes, céréales et légumineuses) auprès des acteurs bruxellois des secteurs ReCa (restaurants et cafés), restauration collective (cantine), transformation et distribution (commerces hors supermarchés).

 

Méthodologie

Plusieurs défis ont été identifiés : 

  • Peu d’informations sectorielles disponibles concernant l’approvisionnement bio et local
  • Difficulté de mobilisation des acteurs pour collecter des données de terrain 
  • Diversité des entreprises, rendant difficile l'extrapolation statistique, surtout dans un contexte de réponses limitées 
  • Informations sur l'approvisionnement parfois peu disponibles 
  • La méconnaissance de la provenance des produits 

     

Pour surmonter ces obstacles, l'approche adoptée s’est principalement concentrée sur l'analyse des acteurs Good Food (GF) existants, et combine différentes méthodes d'évaluation. Les données collectées auprès des acteurs ont été extrapolées lorsque c’était pertinent et possible. L’extrapolation a concerné uniquement les acteurs du bottin Good Food dont la marge brute était accessible en libre accès via la Banque Nationale Belge. Cette contrainte de disponibilité des données a restreint le nombre d’acteurs pouvant faire l’objet d’une extrapolation au sein des différents secteurs de l’étude. L’étude inclut l'analyse de l'offre en produits des grossistes pour compléter les informations obtenues auprès des acteurs bruxellois de la demande. 

Toutes les données collectées se réfèrent à l’année 2024. 

Les résultats de cette étude doivent donc être interprétés comme des ordres de grandeur, utiles pour identifier le poids relatif des différentes filières vis-à-vis d’un échantillon donné, et orienter les analyses stratégiques, mais non comme des mesures précises des volumes réels.

Les différentes étapes de collecte, de traitement et l’approche d’extrapolation

 

Conclusions de l’étude

Cette étude a permis d'apporter une première quantification des flux d'approvisionnement bio et/ou locaux des acteurs Good Food bruxellois dans quatre filières prioritaires : fruits, légumes, céréales et légumineuses. Elle confirme que les fruits et légumes représentent de loin les volumes les plus importants, tant dans les consommations régionales que dans les flux observés auprès des acteurs Good Food, avec environ 65.523,27 tonnes de légumes bio pour l’ensemble de l’échantillon (118 acteurs). Les céréales (4.121 t) et les légumineuses (1.858 t) occupent des volumes plus modestes mais apparaissent comme des filières stratégiques, en raison notamment de leur rôle dans les chaînes de transformation. 

Les données collectées auprès des répondants montrent des niveaux d'approvisionnement bio globalement élevés (50 à 75%). Cette tendance est cohérente avec le profil des acteurs Good Food, dont les pratiques sont déjà fortement orientées vers une alimentation durable.

Sur base des résultats d’extrapolation, l'analyse met en évidence plusieurs constats majeurs :

  • Les fruits et légumes représentent l’essentiel des flux, tant en valeur qu’en volume.
  • Le rôle des cantines, et plus particulièrement des cuisines centrales cuisines centrales, dans la demande en légumes bio, ainsi qu’en fruits bio qui démontre le rôle structurant de la restauration collective dans les flux d’approvisionnements alimentaires en raison des volumes très importants qu'elles mobilisent.
  • Les céréales et surtout les légumineuses apparaissent comme les filières où le besoin de développement du local reste le plus important, avec une part de local du volume déclaré par les répondants estimés à 20-25% pour l’aval (commerces, ReCa, transformateurs, cantines), et environ 40% pour l’amont (grossistes).
  • Les légumes présentent déjà les niveaux les plus élevés d'approvisionnement bio/local ainsi que les meilleures perspectives d'approvisionnement belge. 

Afin d’illustrer ces propos, le diagramme suivant reprend les volumes bio/locaux totaux extrapolés par filière et leur poids dans chaque secteur étudié, avec, à gauche, le volume d’approvisionnement par filières, et à droite, le volume d’approvisionnement de la filière pour le secteur en question.

Diagramme des flux des données d’approvisionnements extrapolées

L'étude a également permis de développer une méthodologie d'estimation basée sur les données économiques des acteurs. Celle-ci fournit des ordres de grandeur utiles pour orienter les politiques publiques et les actions sectorielles. Toutefois, les résultats doivent être interprétés avec prudence en raison du faible nombre de répondants, de la difficulté d'obtenir des données précises sur l'origine des produits, et de l'hétérogénéité de certains secteurs. Les extrapolations sont donc à considérer avant tout comme des estimations indicatives et non comme des mesures exactes des flux réels. 

En conclusion, l'étude confirme l'intérêt stratégique des filières fruits et légumes dans la transition alimentaire bruxelloise, met en évidence le rôle structurant des cuisines centrales comme levier de transformation du marché, et souligne la nécessité de renforcer les filières locales de céréales et de légumineuses. Elle fournit enfin une base méthodologique qui pourra être consolidée à l'avenir grâce à une collecte de données plus systématique et à un échantillon d'acteurs plus large.

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Français
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Date de dernière modification: 15/09/2026